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Le savoir du plus petit

Propos recueillis par Céline Viel in La Gazelle – le journal du théâtre Dunois – n°25

Le Teatro delle Briciole présente une version inédite du « Petit Poucet » qui met en scène des enfants choisis parmi le public. Convaincu que le Théâtre reste par excellence un lieu archaïque d’initiation, ces artistes italiens mènent depuis plus de trente ans des recherches passionnantes en direction du jeune public. Entretien avec l’un des membres du collectif : Flavia Armenzoni.

Un enfant pris au hasard dans le public pour incarner le Petit Poucet…  N’est-ce pas un choix risqué, surtout quand on s’adresse aux tout-petits ?  
En choisissant le conte du « Petit Poucet », nous avions envie d’approfondir le travail entamé avec notre précédent spectacle intitulé « La poupée dans la poche » : les enfants se retrouvaient déjà sur le plateau, au même niveau que les comédiens. Le défi consistait à expérimenter comment on peut passer du jeu d’enfant au jeu de théâtre. Ce que nous avons eu envie d’approfondir avec l’adaptation du « Petit Poucet », c’est le travail sur les rituels d’initiation. Nous vivons dans une société où le sens de ces rituels se perd, et nous pensons que le théâtre est par nature un art qui conserve une sorte de dimension archaïque. C’est sans doute lié au mystère de la présence qui se joue sur la scène, et qui collectivement, le temps d’une représentation, prend un caractère sacré. L’enfant qui va incarner le Petit Poucet va devoir traverser des épreuves, et surmonter sa peur de l’abandon. Le fait de quitter le public pour se retrouver sur le plateau l’oblige à affronter une peur réelle. Est-ce que ce qu’il vit à ce moment est vrai ? Est-ce que cet acteur qui joue en face de lui est un personnage ? Un homme réel ? N’oublions pas que cela concerne les très jeunes enfants, aux alentours de quatre ans. Chaque représentation est très différente du fait que le principal protagoniste change à chaque fois et que les comédiens ne peuvent anticiper ses réactions. De plus, l’enfant sur le plateau n’est pas traité en star. Il est avant tout perçu comme le représentant de la communauté présente dans le théâtre. …

Ce genre d’initiative suppose beaucoup de spontanéité, et pourtant elle ne s’improvise pas… 
C’est effectivement le fruit d’un constant travail de recherche. Nous avons toujours détesté les rôles où des comédiens adultes interprètent des personnages d’enfant. Mais faire monter des enfants sur un plateau n’a rien d’anodin et il est très important de bien comprendre comment les tout-petits peuvent réagir. C’est la raison pour laquelle pendant le travail de création, nous faisons déjà intervenir des enfants, que nous construisons le spectacle en testant leurs réactions. C’est une méthode de recherche continue et minutieuse. Nous sommes allés dans ce sens car nous cherchons à nous renouveler pour continuer à toucher le jeune public. Les enfants changent sans cesse et de plus en plus vite, et le théâtre destiné à la jeunesse est un domaine très sensible car on touche à la transmission du désir de théâtre. Il y a une volonté d’engagement politique car ce théâtre permet de s’adresser à tous, quelle que soit la classe sociale, et d’établir un lien vivant avec ce public. Cet engagement nous permet de nous sentir vraiment utiles.

Le Teatro delle Briciole a un statut original. Ce n’est pas à proprement parler une compagnie, mais un lieu de création qui accueille d’autres artistes et les sensibilise aussi à l’intérêt du jeune public. 
Nous avons d’abord monté une compagnie dont la vocation était la création de spectacles jeune public. C’était il y a trente cinq ans ! Aujourd’hui nous disposons d’un lieu de création et de production à Parme, et nous essayons de faire évoluer le théâtre jeune public en Italie. En ce moment, la situation de crise ne facilite pas les initiatives. Mais nous essayons d’impliquer d’autres artistes. Nous avons initié en 2010 un chantier de création intitulé « Nouveaux regards sur le jeune public ». L’idée était de confier à de jeunes équipes émergentes de la scène italienne qui travaillent ordinairement pour un public adulte, des spectacles destinés aux enfants. Nous avons retenus trois compagnies, dont le Teatro Sotterraneo, qui présentera au théâtre Dunois « La République des Enfants ». C’est une forme très originale qui, là encore, suppose la participation des jeunes. Deux comédiens proposent au public de fonder, le temps d’une représentation, une sorte de micro-nation. Les enfants, avec les artistes, vont se demander comment on peut fonder une démocratie. Les frontières de la cité sont concrètement délimitées par les murs du théâtre. Le peuple, c’est le public. Il décide des règles que la communauté devra respecter. Il se demande qui peut décider de faire respecter ces règles. Il faut voter… A chaque représentation, c’est donc très différent. Le spectacle a tourné dans toute l’Italie, parfois avec des salles de cinq cent enfants, ce qui est impressionnant. Les enfants éprouvent de manière vivante cette « citoyenneté » qu’ils appréhendent d’ordinaire de manière théorique dans les manuels scolaires. Ils comprennent que c’est à eux que revient la responsabilité de changer le monde, et c’est tout le sens de notre propre engagement.

Deux spectacle du Teatro delle Briciole voir au théâtre Dunois :
Du 8 au 11 janvier 2013 « La République des Enfants »
Du 12 au 20 janvier 2013 « L’ogre déchu »

La République des enfants

La République des enfants

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Des images qui traînent…

Entre photographie argentique et cliché numérique, entre rêverie et travail plastique, Agnès Desfosses, photographe et Laurent Dupont, metteur en scène, nous content en images des histoires de fraternité.

Falaises du nord de la France 

Immeuble de Villiers-le-Bel (lieu de résidence de la compagnie), retravaillé par David Livier 

Moi seul


Qui ? Quoi ?

On creuse en toi.

On, ça, ou rien
Ou bien le il.

C'est plutôt ça
Que on ou il
(D'ailleurs, au il
Tu ne crois pas).

C'est plutôt rien
Parce que rien
Ca creuse aussi,
Ca creuse bien.

Ca a du temps,
Des puits de temps
A consacrer
Au mal des autres,
Des plus que rien.

Guillevic, Etier suivi de Autres, Poésie Gallimard, 1979 

Moi seul, du 12 au 23 octobre 2011 au Théâtre Dunois.

Epouvantail japonais (suite)

Le spectacle « Les époux »
présenté par la compagnie l’Arcal
Samedi 18 et Dimanche 19 à 16h.

L’épouvantail, héros du spectacle les époux, est aussi une figure récurrente de la poésie japonaise.

Otsuyu
Au profond de l’automne
habillé de feuilles mortes
l’épouvantail

Issa
Sous l’averse
Il a la goutte au nez
L’épouvantail

Nyofu
à peine terminé
il est déjà vieux
l’épouvantail

Yayu
à ses pieds
on vole les haricots
ah ! l’épouvantail

Sazanami
d’épouvantail
en épouvantail volent
les moineaux

Issa
au nourrisson
il sert de pare-vent
l’épouvantail

Shoha
au soleil couchant
son ombre atteint la route
ah ! l’épouvantail

Buson
la rizière moissonnée
il est métamorphosé
l’épouvantail

Taigi
renversé, redressé
renversé à nouveau
ah ! l’épouvantail

Shoshu
même pas bon à brûler
il est tout pourri
l’épouvantail

Bonchô
le bruit de quelque chose
qui s’écroule tout seul
l’épouvantail

Extraits de L’épouvantail, maître zen-autoportrait, éditions Moundarren, 2008

HeNoHeNoMoHeJi へのへのもへじ

Le Henohenomoheji  est le nom donné au visage que dessinent  les enfants japonais sur les épouvantails.  Il est représenté avec les caractères Hiaragana : he, no, he, no, mo, he, ji.

Dans un autre genre, du 8 au 19 juin le théâtre Dunois accueille l’épouvantail de la compagnie l’ARCAL. Ouvrez vos oreilles car il emprunte la voix du violoncelle, de l’accordéon et de la clarinette pour nous conter ses péripéties avec les mots de Philippe Dorin.

Dessins mis en scène

Belle idée de mise en scène! Les décors du spectacle Alors ils arrêtèrent la mer sont dessinés en direct par les acteurs et projetés sur scène.

Invasion

Munissons nous tous de nos lunettes de plongées. Petits et grands partent à l’aventure avec Alors ils arrêtèrent la mer. Bon spectacle!!!