Le théâtre prend l’air

10/10/2016

Balade Culturelle : PIC / Par Ici la Culture !

 Le PIC c’est plus de vingt associations et équipements culturels qui ont décidé de travailler ensemble pour faire vivre la culture dans le sud du 13ème.

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Le PIC organisait samedi 8 octobre trois parcours de balades dans le 13ème arrondissement, avec des portes ouvertes, ateliers, spectacles, goûters dans les différents lieux culturels du quartier.

Dans le cadre du parcours Clisson, le théâtre Dunois vous proposait la création d’une fresque collaborative, en lien avec le spectacle Straces de la compagnie Immatérielle Production.

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03/10/2016

La Nuit Blanche au théâtre Dunois

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Le temps d’une nuit, le théâtre Dunois s’est transformé en poste frontière, invitant les spectateurs à faire l’expérience d’une traversée à la fois inquiétante et libératrice.

L’installation, pensée comme un dispositif immersif réparti dans tous les espaces du théâtre rappelait les différentes étapes d’une douane : photomaton, prise d’empreintes digitales, questionnaires… A l’issue de l’expérience, les visiteurs se sont vu remettre un document de libre circulation, accompagné d’un tampon fluorescent pour s’élancer dans la nuit.

Conçue par Marc Baylet-Delperier de la Cie Immatérielle Production, l’installation présentait une évocation critique de ces postes frontières disparus en Europe, mais récemment réactivés.

 

                                                                                                                  

 

24/06/2016

Festival des affûtés

au théâtre Dunois

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Tout au long de l’année la compagnie « A l’affût » a travaillé avec des habitants du sud du XIIIème arrondissement autour de la pratique théâtrale sous toutes ses formes : réécriture, interprétation, scénographie, costumes, mise en scène. Avant la présentation de leurs spectacles au théâtre Dunois du vendredi 24 juin au samedi 26 Juin, nous nous sommes entretenus avec les comédiennes qui ont animé ces ateliers. Laure Maloisel, Julie Clot et Amélie Weyeneth nous parlent de la pratique théâtrale et de la mixité sociale, générationnelle, effectuée à travers le réseau associatif du XIIIème arrondissement.

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Qui sont les affûtés ?

Laure : Il y a trois troupes avec trois âges différents ; la troupe des « petits affutés », la troupe des « jeunes affutés » et la troupe « Les affutés », les adultes. Ce sont trois troupes d’acteurs amateurs qui habitent pour la plupart les quartiers  du sud-est du 13ème. Ils font du théâtre avec la compagnie depuis une année pour les plus nouveaux et depuis 3 ou 5 ans pour les plus anciens.

Comment sont nés ces ateliers ?

Julie : Les ateliers sont nés de la compagnie « A l’Affut » fondée par Nour Jlassi en 2002. Il habitait le quartier et il a voulu développer le théâtre dans un endroit où il n’y avait pas grand chose qui se passait au niveau artistique et culturel. C’est donc une compagnie axée sur un théâtre social, de terrain, de proximité. Par exemple, on met en place des « théâtres forums » tout au long de l’année.

Laure : Il y a une démarche permanente pour trouver des familles, des enfants et leur parler du théâtre. Le théâtre n’est pas toujours « bien vu » pour des jeunes de ces quartiers par rapport au sport, le foot, le basket. On va donc à leur rencontre pour leur parler de ce que l’on fait avec la compagnie.

Comment faîtes vous pour les rencontrer?

Julie : On dépose des flyers  dans les différents centres sociaux  dans lesquels on travaille, avec la compagnie nous sommes présents aux portes ouvertes à la rentrée, à ces occasions nous rencontrons beaucoup de personnes. Il y a des approches faites dans les collèges, lycées.

Laure : On travaille beaucoup avec les centres sociaux qui nous mettent en contact avec d’autres associations. Par exemple, on a travaillé avec l’association « Prince »  qui fait du hip hop, une discipline qui fonctionne très bien auprès des jeunes. Les jeunes ont souvent une vision du théâtre classique, quelque chose de sérieux qui ressemble à l’école. C’était donc très intéressant d’aborder le théâtre à travers le hip hop, une discipline plus populaire, de cette façon le dialogue s’est facilement instauré.

Julie : On travaille aussi avec d’autres associations basées au centre social Toussarégo ; « l’atelier récup » s’occupent de confectionner tous les accessoires de nos spectacles. Il y a aussi un atelier couture qui confectionne depuis plusieurs années les costumes des spectacles. Les personnes qui œuvrent dans ces associations habitent le quartier, ce sont des bénévoles et de belles rencontres humaines.

On peut parler de théâtre participatif ?

Amélie : C’est vraiment le but et l’objectif de cette compagnie. Je pense que c’est ce que Nour a dans la tête, que la compagnie soit composée de tous ces liens participatifs, avec une idée d’interaction, une envie de bouger ensemble, de créer ensemble.

Laure : Voilà, le but c’est de partager une aventure ensemble. On se retrouve sur un projet commun : faire des spectacles. Ensuite, chacun participe à sa manière en travaillant sur le costume, sur l’accessoire, sur ce qu’il prend plaisir à faire.

Comment vous choisissez les thèmes sur lesquels vous travaillez ?

Julie : C’est le directeur artistique en général qui propose une thématique, ensuite on en parle avec les différents intervenants. L’année dernière il voulait travailler autour de trois pièces différentes de Joël Pommerat, c’est devenu la thématique du festival.

Laure : Un auteur contemporain vivant comme Joël Pommerat permettait de regrouper petits, jeunes et adultes. On voulait qu’il y ait un élément commun entre les générations et on a cherché autour des auteurs classiques ce qui nous intéressait le plus. C’est ce qui nous a amené à travailler « Pinocchio », « Cendrillon » et « La Réunification des deux Corées ». Cette année on a choisi Corneille car c’est un auteur moins monté, moins connu, par rapport à Racine ou Molière et qu’il fait partie du patrimoine français. On essaie de faire en sorte d’aborder un auteur un peu difficile de manière détournée.

Julie : Avec les jeunes on avait choisi Andromède parce que c’est du théâtre épique avec des héros, des Dieux donc cela faisait énormément travailler leur imaginaire et c’est ça que l’on recherche. Ils ont toujours plein de propositions sur la construction des personnages, la scénographie, les décors, les accessoires, parfois réalisables, parfois non. Ce qui les attire le plus ce sont les cultures plus urbaines avec tout ce qu’elles comportent, le graff, le hip hop. On a donc essayé de l’intégrer au spectacle et c’est ce choc entre culture classique et urbaine qui est amusant.

Pour la troupe adulte ce sont des comédiens amateurs avec un bon niveau. Encore plus qu’avec les enfants ou les jeunes, on leur demande d’être très actifs dans la création. Ce sont eux qui ont choisi de lire une pièce, de s’intéresser à un personnage, de l’investir, chacun a réécrit une scène. On leur fait part de nos choix mais ce sont eux les principaux acteurs de la création.

Laure : Oui, on les fait au maximum participer au travail de création et de recherche. Ils ont même inventé des personnages qui n’existent pas, ils prennent part à tous les choix et on sélectionne à la fin.

Vous avez pu noter des évolutions individuellement ou collectivement au sein des groupes?

Laure : Oui, c’est impressionnant l’évolution, pour les personnes qui n’avaient jamais fait de théâtre avant, l’évolution est incroyable. Au niveau de l’expression, des choix, la capacité à se concentrer, la confiance.

Julie : Pour les jeunes la plupart du temps le théâtre ne leur évoque pas grand chose, ce n’est pas quelque chose qui va les attirer en premier lieu. Souvent, ce sont leurs parents qui les poussent au théâtre. C’est agréable de constater cette évolution : au début ils ont un peu honte, ce qu’il se passe dans la pièce ce sont des « trucs de bouffons » et sept mois plus tard ils ont vraiment envie de défendre ce projet.

Comment êtes-vous arrivés au théâtre Dunois ?

Laure : L’année dernière on cherchait un lieu pour jouer les spectacles, mais nous avons une demande assez complexe puisqu’on voulait investir un lieu sur plusieurs jours. C’était cohérent de venir au théâtre Dunois qui propose des spectacles créatifs pour les enfants, les jeunes. Le croisement est intéressant entre notre théâtre de quartier et la programmation du théâtre Dunois qui propose des spectacles de recherche. Les enfants qui participent aux affûtés sont déjà venus au théâtre Dunois avec l’école ou avec leurs parents, on est allé voir des spectacles tout au long de l’année et  aujourd’hui ce sont eux qui sont dans le rôle des comédiens ce qui leur permet une nouvelle approche du théâtre.

Julie : C’est une finalité que ça soit pour les enfants, les ados comme pour les adultes, venir pratiquer le théâtre dans une vraie salle, un plateau, des loges, il n’y a pas de meilleures conditions pour se représenter.

Amélie : On sent que ça leur fait un vrai soutien, ça leur donne un réel objectif de présenter leur travail dans un vrai théâtre. Le fait qu’on puisse venir répéter quelques fois en amont du spectacle ce sont des choses très importantes pour eux au cours de l’année.

Laure : Cela nous permet de faire un travail en fonction de la configuration de la scène, des entrées, des sorties donc se représenter ici c’est une concrétisation de tout ce travail effectué en répétition.

Amélie : Oui, c’est vraiment important ces moments là. Pour les professionnels la prise d’espace ce n’est pas quelque chose d’évident, il y a toujours un temps pour qu’un corps s’adapte à un espace. Quand ce n’est pas ton métier tu mets encore plus de temps, c’est normal. Donc ces rendez vous sont essentiels, ce sont des nœuds dans le parcours de création.

Laure : Cela permet de transmettre les notions du théâtre. Qu’est ce qui est sacré ? à quoi fait-on attention ? Par exemple, une des enfants voulaient faire de la trottinette sur la scène comme elle pourrait le faire au centre social ou l’on répète. On lui a expliqué les codes pourquoi des choses qui se font ailleurs ne se font pas dans un théâtre.

Amélie : De plus, être ici pousse les enfants à la curiosité. Ils nous ont demandé de visiter les loges, nous ont posé plein de questions. Il n’y aurait pas ce partenariat avec le théâtre Dunois, l’aventure ne serait pas la même.

Qu’est ce que vous tirez des expériences de cette année pour la suite ?

Laure : Les expériences de cette année vont amener des choix pour la saison prochaine. Depuis l’année dernière on a déjà évolué, on s’est lancé dans nos propres créations. Cette année nous nous sommes appuyés sur Corneille mais l’objectif c’est de créer nos propres pièces de l’écriture à la mise en scène.

Laure : On se fixe beaucoup d’objectif mais ce n’est pas un problème si tous ne sont pas atteints, l’importance c’est que chacun soit mis en valeur, et prenne du plaisir, s’épanouisse dans cette recherche et le jour J sur scène.

 

Pour venir découvrir ce week-end l’aboutissement des aventures artistiques et humaines des « Affûtés » au théâtre Dunois, vous pouvez retrouver le programme sur le site de la compagnie : http://www.compagniealaffut.com/programme/

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07/06/2016

L’exposition de marionnettes géantes de Courant d’art frais,

La semaine dernière nous sommes allés découvrir les marionnettes géantes de nos partenaires de Courant d’art frais et leur travail de médiation culturelle et artistique au sein du quartier Kellerman. Ces étranges personnages exposés à l’espace Bièvre sont nés des petites mains des enfants du quartier qui ont appris tout au long de l’année les rudiments de la confection et manipulation des marionnettes à gaine. Mais pas seulement ! Le thème de cette année traitait des légendes, contes et haïku japonais. L’occasion de découvrir une autre culture et une nouvelle poésie à travers une pratique artistique originale. Un beau projet porté par Nadège Beaubois et Valérie Martin-Miancien qui animent l’espace Bièvre et le quartier Kellerman depuis 2003 avec la compagnie Courant d’Art Frais.

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22/05/2016

Vide grenier Résoquartier 13

 

Dimanche 22 mai nous partagions un stand avec nos confrères du théâtre 13 lors du vide grenier organisé par nos partenaires de Résoquartier 13. Malgré la pluie, la rue des Grands Moulins s’est remplie de convivialité et de sourires, une occasion idéale pour les habitants des quartiers Chevaleret, Oudiné et alentours de se retrouver. Nous avons pu partager un moment chaleureux autour de concerts, performances, restauration et diverses animations.

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Le théâtre Dunois proposait aux plus jeunes de venir mettre en pratique leur créativité en confectionnant leurs propres animaux hybrides. Voici quelques nouvelles espèces nées de l’imagination de véritables artistes en herbes :

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Au terme de cette journée, nous invitions les participants et leur famille à venir s’interroger sur les rapports entre l’Homme et l’Animal à travers la découverte du spectacle « Quand un animal te regarde », diffusé au théâtre Dunois jusqu’au 5 juin.

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Dessin sur le sable de David Myriam lors du spectacle « Quand un animal te regarde ».

Merci pour l’accueil aux organisateurs et bénévoles de Résoquartier et un grand bravo pour cet événement qui illustre l’implication des habitants dans l’animation de leur quartier !

 

                                                                                                                                                      

 

11/05/2016

Histoire dans tous ses états

L’après-midi du 11 mai dernier nous nous sommes rendus au centre social Chevaleret où nos partenaires organisaient « Histoire dans tous ses états », un événement original animé par différentes associations du XIIIème arrondissement où chacun est invité à écouter et triturer les histoires sous toutes leurs formes. Retour en images sur un après-midi convivial avec les familles du quartier Oudiné.

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Le studio mobile de l’association « Les jardins numériques ».

Le jardin étant prêté à la pluie ce jour là, les activités se répartissent dans les différentes pièces du centre. A l’accueil l’association « Les Jardins numériques » proposent aux conteurs en herbes de s’enregistrer, dans des conditions professionnelles, dans leur studio mobile.

 

Dans la salle principale c’est la Bibliothèque de la place d’Italie qui met à disposition toutes sortes de livres. Les enfants consultent les Pop-Up et apprennent à conter une histoire à travers un Kamishibaï, ce livre d’origine japonaise qui se transforme en théâtre ambulant lorsque l’on fait défiler ses illustrations.

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Livres Pop-up prêtés par la bibliothèque de la place d’Italie.

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Kamishibaï animé par la bibliothèque de la place d’Italie.

 

 

 

 

 

 

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L’association par Has’Arts anime l’atelier marionnettes.

Rafik Slama de la compagnie « par Has’Arts » propose d’initier l’art de la marionnette à travers un petit théâtre mobile. Adultes et enfants sont invités à venir déployer leur créativité en écrivant leurs propres histoires puis les raconter à travers la manipulation de marionnettes, avec les conseils d’un professionnel.

L’association « Lire à Paris » propose le conte d’histoires pour les plus petits et une initiation aux arts du récit pour les nouveaux parents.

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L’association « Lire à Paris » initie les jeunes parents à l’art de réciter un conte.

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L’association « Lire à Paris » propose le récit de conte pour jeune public.

 

 

 

 

 

 

La crèche collective Oudiné était présente pour proposer un spectacle de théâtre d’ombres sur fond sonore. Les jeunes spectateurs ont pu découvrir un regard poétique sur le monde marin.

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Les animatrices de la crèche collective Oudiné présentent un spectacle de théâtre d’ombres.

                                                                                                                        

29/04/2016

L’Université Paris Diderot

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théâtre Dunois

 

Dans le cadre de notre partenariat avec l’Université Paris Diderot, nous avons pu faire connaissance avec des étudiants de 2ème et 3ème année en Licence Lettres et arts qui s’intéressent à la création contemporaine sous toutes ses formes et à l’écriture de plateau. Les étudiants ont rencontré la comédienne du spectacle « Au Pont de Pope Lick », Jeanne Vimal, qui s’est déplacée dans leur classe pour un atelier de pratique théâtrale. Ils ont ensuite pu la découvrir sur scène lors d’une représentation du spectacle au théâtre Dunois. Le Jeudi 28 avril c’était à leur tour de produire leur propre création sur notre scène avec une performance intitulée « Le point Zéro du monde ». Nous vous proposons de vous faire partager cette belle rencontre à travers un entretien avec Shirley Niclais responsable de l’UE « création contemporaine » à l’Université Paris Diderot.

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Le visuel du spectacle « Le point Zéro du monde » présenté au théâtre Dunois par l’Université Paris 7.

Comment êtes-vous arrivée à la direction de ce projet de performance?

Je travaille à Paris 7 depuis cinq ans, j’ai un contrat qui suit ma thèse et ma 5ème année de doctorat. J’enseigne pour les licences « lettres modernes » et « lettres et arts » d’abord dans un contrat de travail pendant trois ans et maintenant je suis ATER (ndlr : Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherches). J’ai écrit une thèse sur la relation entre le théâtre et les arts plastiques notamment sur la question de la figure humaine, réifiée et réanimée par l’œuvre d’art et par le regard du spectateur, principalement à partir de Tadeusz Kantor pour le théâtre et Louise Bourgeois pour les arts plastiques. Cela influence beaucoup mon travail de pratique théâtrale puisque parallèlement j’ai une formation de marionnettiste au « Théâtre aux Mains Nues » et que je suis les cours du « Théâtre du mouvement » en arts du mime et du geste. J’ai donc une pratique très corporelle, depuis quelques temps je travaille aussi avec Nadia Vadori-Gautier, danseuse, chorégraphe qui approche beaucoup les pratiques somatiques. Par ce biais j’approche l’art- thérapie et ces courants là qui influencent le rapport corporel. Ces références ont donc beaucoup influencé le mouvement d’occupation de l’espace que l’on travaille  avec les étudiants dans le cadre des cours.

Comment s’est constitué ce groupe d’étudiants et leurs axes de travail?

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Shirley Niclais et ses étudiants lors d’une répétition au théâtre Dunois.

Ils sont tous amateurs. Il y en a assez peu qui viennent de l’option théâtre, pour la plupart ils viennent de la musique, des arts plastiques, mais ils sont tous des « lettres ». Il y a deux ateliers, un atelier pour l’oral à destination des étudiants de deuxième année et un atelier pour l’écriture de plateau pour les étudiants de troisième année. J’ai proposé à mes étudiants le texte de Michel Foucault « le corps utopique » puis tout le vocabulaire gestuel est né d’exercices de pratique que l’on a expérimenté en cours, ensuite ils ont construit la forme. Dans leur travail, plusieurs contraintes leur étaient imposées. Les contraintes techniques de l’espace, qui est l’espace du théâtre Dunois, ils ont étudié en amont le dossier technique puis ils ont adapté la construction d’une forme performative. Ensuite ils ont tiré au sort un matériau ; tissu, papier, plastique et une pathologie : l’anorexie, Parkinson, Alzheimer, le burn-out… Ils ont dû construire chacune de ces performances de 15min, en comprenant bien la démarche de Michel Foucault. Toutes leurs propositions se sont formées de cette façon, très progressivement. Puis on y a intégré mes étudiants du groupe du vendredi qui ont abordé le vocabulaire de l’expression corporelle, du travail physique et corporel de manière générale et le rapport à l’objet. On a fait beaucoup de travail marionnettique, de placement dans l’espace, d’état de présence, un terme assez important dans le théâtre selon moi. A partir de ce vocabulaire on a pu fusionner les ateliers et apprendre à travailler ensemble.

Comment travaillez-vous en si grand nombre ?

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Les étudiants lors d’une répétition au théâtre Dunois.

Travailler en si grand nombre me demande  de leur imposer beaucoup de discipline, ce n’est pas tous les jours facile, par exemple j’ai dû m’énerver un peu ce matin car certains étaient en retard alors que c’était le filage technique, c’était très important. C’est très difficile de composer un sentiment de collectif et de communion. Ils ne se connaissent pas, certains sont en « lettres modernes », certains sont en « lettres et arts », ils ne se fréquentent pas à la Fac, ils ne se connaissent pas du tout, ils n’ont pas le même rapport à la scène, certains connaissent très peu le théâtre contemporain d’autres sont complètement dedans. Donc pour réussir à créer cette unité, pour que tout le monde puisse parler la même langue c’est un peu délicat, et plus on est nombreux plus il faut gérer les égos de chacun. Malgré tout, plus le jour J se rapproche, plus ils sont rigoureux.

Qu’est ce qui ressort de votre passage au théâtre Dunois ?

C’est très agréable de pouvoir travailler dans des conditions comme celles-ci, on a été reçu de façon très chaleureuse, l’accueil est super, la salle est magnifique, c’est un plaisir, je le pense vraiment. Le fait de travailler sur un vrai plateau avec les moyens techniques, les lumières du théâtre, cela stimule énormément. Les étudiants commencent à prendre la mesure de leur travail car il est valorisé, c’est très important, cela leur fait gagner en autonomie, stimule leur créativité et les responsabilise. A travers cette expérience ils apprennent à monter un projet commun, à travailler ensemble car finalement à l’Université ils travaillent très peu ensemble.

C’est en cela qu’une concrétisation réelle et pas ridicule de ce travail est importante, ça permet de montrer que ce n’est pas inutile de participer à un cours de théâtre. A l’université dans les salles de classe on a du mal à voir où on va, à quoi sert ce qu’on fait, on apprend un vocabulaire gestuel d’accord, mais qu’en fait-on après ? Il faut qu’il y ait une réalité derrière.

Qu’est-ce qui vous a le plus plu dans cette expérience ?

J’aime bien me rendre compte qu’avec des amateurs on peut faire des choses si ce n’est professionnelles mais au moins pré professionnelles et que si on avait une semaine de plus ça serait magnifique, là ça ne sera pas parfait mais ce sera déjà très bien, sachant qu’ils partent de zéro. Donc j’aime bien cette satisfaction, ce moment là c’est un bonheur énorme.

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Shirley Niclais conseille ses étudiants lors d’une répétition au théâtre Dunois.

Quelle est la suite pour vous ?

 Je suis en fin de cycle à Paris 7. J’aimerai continuer avec un groupe, monter autre chose. Un texte n’est pas l’esthétique que je privilégie, j’aime bien les choses plus décousues, j’aime bien travailler avec les successions de tableaux. La semaine prochaine je serai en résidence à la Nef de Pantin pour un spectacle que je monte avec la compagnie « Tant pis pour la glycine », le projet s’appelle « La jeune fille aux mains coupées » c’est une réécriture du conte, qui mélange marionnette, danse, vidéo. On sera en résidence en milieu scolaire avec le Théâtre aux mains nues, pendant toute l’année, on montera des ateliers avec des collégiens autour de ce spectacle. J’ai un troisième projet avec une plasticienne qui s’appelle Marina L. autour de témoignages d’éducateurs en milieu d’extrêmes difficultés sociales, ça s’appelle « Conversation sur fond de radio ados ». C’est un projet qui traite de la question de l’adaptation des adolescents en société…

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