Archives du Tag: Danse

Des images qui traînent…

Entre photographie argentique et cliché numérique, entre rêverie et travail plastique, Agnès Desfosses, photographe et Laurent Dupont, metteur en scène, nous content en images des histoires de fraternité.

Falaises du nord de la France 

Immeuble de Villiers-le-Bel (lieu de résidence de la compagnie), retravaillé par David Livier 

Moi seul


Qui ? Quoi ?

On creuse en toi.

On, ça, ou rien
Ou bien le il.

C'est plutôt ça
Que on ou il
(D'ailleurs, au il
Tu ne crois pas).

C'est plutôt rien
Parce que rien
Ca creuse aussi,
Ca creuse bien.

Ca a du temps,
Des puits de temps
A consacrer
Au mal des autres,
Des plus que rien.

Guillevic, Etier suivi de Autres, Poésie Gallimard, 1979 

Moi seul, du 12 au 23 octobre 2011 au Théâtre Dunois.

SLAM sur Radio C.L.Y.P.E !

Après avoir passé une semaine au Théâtre Dunois avec le slameur Marco Codjia Fada et les danseurs Caroline Fabre et Norbert Senou, les élèves de 1ere Bac pro électro-technique du lycée Bachelard ont enregistré leur slam sur radio    C.L.Y.P. E.

Ecouter l’émission

Danser la neige

La Reine :
Dis, tu es malade ?

Blanche-Neige :
Quelle question, quand vous n’avez
que vœux de mort pour la trop belle
qui blesse à tout instant vos yeux.
À quoi servent ces doux regards.
La bonté qui sort toute aimante
de vos yeux n’est que faux-semblant.
Votre douceur de ton est feinte.
La haine habite votre cœur.
Vous avez mandé le chasseur
pour moi, pour qu’il lève sa dague
sur ce visage haï de vous.
Suis-je malade, dites-vous ?
Railler va mal à bouche douce.
À ne plus craindre d’offenser,
douceur s’aigrit en raillerie.
Malade, moi ? Non, je suis morte.
La pomme empoisonnée fait mal,
oh oh, si mal, et de vous, Mère,
c’est de vous que je l’ai reçue.
Malade, alors, moi, raillez-vous ?

La Reine :
Quelle erreur, tu es malade, oui,
gracieuse enfant, vraiment malade.
À coup sûr l’air frais du jardin
te fera du bien. Je t’en prie,
ne livre pas à ces pensées
ta chère et faible tête. Sois calme.
Que ton esprit cesse d’errer.
Prends du mouvement, saute et cours.
Chasse en criant le papillon,
gronde l’air s’il n’est pas assez
chaud. Sois enfant, et d’ici peu
tu auras perdu la couleur
qui, tel un linceul blafard, couvre
ton visage rose. Repousse
toute idée de péché. Il faut
oublier le péché. Peut-être
j’ai péché contre toi, jadis.
Qui voudrait y songer encore ?
De tout chagrin l’oubli est prompt
dès que s’offre un amour auquel
penser. Mais tu ne pleures pas ?

Blanche-Neige :
Il faut bien que je pleure à voir
votre hâte à rompre le cou
au passé comme vous voulûtes
me le rompre. Il faut pleurer, oui,
sur le péché de cet oubli
qui veut flatter. Oh, vous donnez
des ailes au péché, mais il
vole mal, ses deux ailes neuves
ne lui vont pas. Et le voici
tout près, devant moi, devant vous
et vous voudriez, cajoleuse,
vous en jouer, il est si tangible
que jamais je ne l’oublierai,
pas plus que vous qui le commîtes.
Chasseur, juras-tu pas ma mort ?

Extrait de “Blanche neige” de Robert Walser. Texte qui inspire l’adaptation “je suis neige” par la Compagnie Picomètre.

Séances :

Samedi 28 mai 2011 18h00

Dimanche 29 mai 16h00

L’oeil du Cyclope

Marco Codjia-Fada, slameur bordelais, est l’auteur des textes de la pièce Et alors si je savais, créé par la Compagnie Fabre Sènou. Nous revenons avec lui sur ses textes.

Théâtre Dunois : La pièce commence avec une figure assez particulière et effrayante, celle du cyclope. Peux-tu nous en dire plus ?

Marco Codjia-Fada : Je fais référence à l’expression : l’œil du cyclone. C’est dans le cyclone, le centre du tourbillon, un endroit de calme au milieu d’une tempête. L’œil du cyclope est un jeu de mot avec l’œil du cyclone. L’œil du cyclope c’est l’Occident. C’est un endroit de calme relatif au milieu d’une tempête. L’Occident est un endroit préservé par rapport au reste du monde où la vie est plus dure et plus brute. C’est pour ça que ce texte ouvre la pièce. Il donne un point de vue de l’Occident, et surtout un point de vue de certains Africains qui désireraient venir ici au calme. Mais l’Occident n’est pas un pays calme, il est lui aussi sauvage. Un calme relatif y règne dans lequel il faut connaître les codes. Dans le dernier texte de la pièce je parle du trajet d’un Africain qui, après de nombreuses années, se sent bien ici. Alors évidemment il est possible de se sentir heureux en étant africain en France, et en Occident en général, mais ça n’est pas du tout une évidence. On peut très bien vivre des choses traumatisantes.

Th.D : C’est ce qui est d’ailleurs agréable dans la pièce, tu n’as pas un discours tranché et caricatural.

M. C-F : Bien sûr. Dans la mesure où on est quatre, avec quatre discours assez différents, mon discours ne pouvait être univoque. Il était nécessaire de mettre de la distance. Par exemple, je n’ai jamais écrit des textes aussi cool que ça. J’ai dû moi aussi m’adapter dans mon écriture au propos général de la pièce. Je ne fais que des allusions, alors que d’habitude je vais beaucoup plus loin dans l’âpreté. Je dis les choses plus clairement. Là, je les ai un peu cachées, pour que ce soit écoutable par le plus grand nombre et pour que cela convienne aussi au discours de Norbert, Caroline et Mathias.

Th.D. : Une autre figure qui apparaît dans tes textes et celle de « l’homme pressé ». Peux-tu nous en dire plus ?

M. C-F : L’homme pressé est un mec qu’on a vu à Cotonou. Norbert m’a raconté son histoire et j’ai eu envie d’écrire sur lui. C’est un fou qui marche dans la rue torse nu, en guenille. Il marche tout droit, hyper vite. Il ne s’arrête jamais. Il ne regarde personne. Dans la pièce cette partie là est jouée sur le principe d’« un-deux-trois soleil ». C’est-à-dire que je dis le texte face au public. Norbert, Mathias et Caroline dansent derrière. Quand je me retourne ils s’arrêtent. Cette scénographie sert le texte. Ce mec qui semble très dynamique, est comme beaucoup de fous et de clochards, quelqu’un d’immobile. Dans le texte je dis que l’homme pressé est un monument. On le retrouve toujours quand on revient. Dans une ville les clochards sont toujours là dans la rue, ce sont les seuls que tu croises et  recroises. Ce sont eux finalement qui  jalonnent ton rapport à la cité. C’est un souvenir, comme une plage, comme un soleil couchant.

Th.D. : Dans toute la pièce tes textes rythment le mouvement comme de vraies percussions. Les rimes et les allitérations jouent le même rôle que les instruments de Mathias.

M. C-F : Dans ce que je fais, et par correspondance avec ce que fait Mathias et les autres aussi, le rythme est très important. Il n’y a pas de musique dans la pièce. A part peut-être sur la partie du looper de Mathias, où il empile les sons. C’est un choix de ne pas avoir utilisé de musique enregistrée. Donc, que ce soit avec le texte, dans la musique des mouvements, il faut qu’on impose un rythme. C’était assez difficile à envisager au début. C’est la première des contraintes. Moi je crois, et on croit tous, que tout est rythme, tout est musicalité. Il y a beaucoup de personnes qui font ça, notamment dans Dancer in the Dark, où Björk jour le rôle d’une ouvrière aveugle. Dans le film tous les bruits des machines deviennent musique.

Th.D. : Vous terminez le spectacle sur cette question : « Tu te demandes qui tu es ? »

M. C-F : En fait, ce n’est pas vraiment une question. On impose aux spectateurs de se poser la question. Oui,  un spectacle sans question est de fait prosélyte, et ça ne nous intéresse pas. Evidement quand on aborde les problématiques de frontières, de traditions, on est obligé de poser des questions, on ne peut pas affirmer des choses, puisque tout est perpétuellement en mouvement. On peut jalonner notre réflexion d’idées, de bornes de pensées. De toute façon se poser des questions est la seule chose intéressante. Répondre n’a aucun intérêt. Il faut poser les bonnes questions.

Et alors…si je savais? se jouera au NECC de la Maison-Alfort les 27, 28 et 29 mars 2011.

Entretien réalisé par Elsa Nadjm

Le slameur, un griot contemporain.

Marco Codjia Fada répond à Birago Diop

Ceux  qui sont morts ne sont jamais partis

Ceux qui sont vivants s’en iront toujours

Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire

Ils sont dans l’image qui s’estompe

Ils sont dans l’ombre qui s’épaissit

Et dans le fantasme qui s’oublie

Les morts ne sont pas sous la terre

Les vivants ne sont pas ici

Ils sont dans l’arbre qui gémit

Ils sont seuls dans l’amour d’un soir

Ils sont dans le bois qui frémit

Ils sont dans la trame de l’histoire

Ils sont dans l’eau qui coule

Ils sont dans le taxi qui part

Ils sont dans l’eau qui dort

Ils sont blancs ou bien ils sont noirs

Ils sont dans la case, ils sont dans le feu

Ils sont dans la case, ils sont dans la foule

Les morts ne sont pas morts.

Les vivants sont vivants et parfois, moi,

Je me sens seul.

Extrait de Bigaro DIOP et texte de Marco Codjia Fada

Quand les codes de la danse classique se confrontent aux codes de la danse Zinli.

Avant l’arrivée de la Compagnie Fabre Senou du 9 au 20 mars au Théâtre Dunois, voici une vidéo d’ALEKPEHANHOU: plus communément appelé “roi du zinli rénové ” il invite Caroline Fabre à danser pour lui…

blog théâtre Dunois

Je laisse danser à travers moi

 

Entretien avec Claude Magne, danseur du spectacle Rivages d’Outre Monde, réalisé le samedi 15 Janvier, lors de la conférence Arts et Culture de la Terre, au Théâtre Dunois.

Théâtre Dunois : Tu as commencé la danse assez tard je crois. Comment es-tu arrivé à cet art, et pourquoi ?

Claude MAGNE : J’ai vraiment commencé la danse en tant que discipline à l’âge de 20 ans. C’est un parcours de vie. Je n’ai jamais fait la différence entre la danse et mon existence. Je suis arrivé à la danse un peu par hasard. C’était quelque chose de complètement inconnu dans ma famille. J’ai par contre été sportif de haut niveau jusqu’à l’âge de dix-neuf ans. J’ai été confronté au dopage, alors j’ai arrêté. J’ai voulu en finir avec la performance.

A l’âge de vingt ans j’ai décidé de partir un an en Amérique du sud pour me couper de la société française et voir finalement qui j’étais. Là bas j’ai rencontré des indiens avec qui j’ai vécu pendant quatre mois

Th.D : J’ai cru comprendre que cette rencontre avec les indiens, relève d’un joli hasard.

C.M : Oui, comme beaucoup de choses dans ma vie  d’ailleurs. Tout s’est toujours fait selon le hasard. C’est un peu romanesque. J’étais à Iquitos, au Pérou et voulais remonter en Equateur. J’ai donc pris un bateau pour traverser la jungle par la rivière. En chemin on a croisé une vedette militaire. A ce moment là j’ai entendu le déclenchement des chargeurs de fusils automatiques. J’ai alors compris que j’étais monté sur un bateau de trafiquants. Je me suis un peu planqué. Les trafiquants ont donné de l’argent à l’armée et ont continué la route. Mais ils étaient tout de même contrariés que j’aie vu leur manière de faire. Ils se sont donc arrêtés et m’ont dit de descendre. Je me suis retrouvé là, au milieu de la jungle (rire). J’ai vu le bateau partir. Il fallait bien que je fasse quelque chose quand même. Je n’étais pas paniqué. J’avais eu d’autres mésaventures pendant cette année là. Ce n’était pas bien grave, mais j’étais loin de tout lieu d’habitation. Il s’est avéré que des indiens habitaient près des berges de la rivière.

Ils m’ont assez facilement intégré. C’était assez marrant par ce qu’ils n’étaient pas surpris de me voir. Ils rencontraient de temps en temps des blancs. Le tourisme avait déjà un petit peu commencé à l’époque. Certains chefs de village s’improvisaient guide touristique en amenant deux ou trois blancs quelques jours dans la jungle.

Th.D : Comment communiquiez vous ?

C.M : Ils savaient parler l’espagnol, mais entre eux ils parlaient le jivaro. Ils m’ont très vite dit que j’étais comme eux. Je ne sais pas ce qu’ils entendaient par là, si ce n’est que je me sentais très à l’aise et que j’avais la sensation, dans ce voyage, de revenir à mes origines. J’étais mieux là qu’en France.

Th.D : As-tu expérimenté la danse avec les indiens ?

C.M : Oui. Il y avait une interdiction totale dans la tribu de se disputer. Dès que l’un des leurs critiquait quelqu’un d’autre, il prenait un coup sur la tête. Il était interdit de semer la zizanie dans le village. Une fois par mois, pendant quatre jours ils se réunissaient  autour d’une zone d’herbe pour tourner et danser. C’est à ce moment là qu’ils pouvaient s’harmoniser en exprimant les conflits latents du groupe. Le chaman, qui était aussi le chef du village, apaisait les discordes avec du tabac et des rituels. Chacun vidait sa rancoeur, et c’était reparti jusqu’à la prochaine pleine lune. J’ai participé plusieurs fois à ce rituel, jusqu’à atteindre des catharsis. Quatre jours sans s’arrêter, en plein milieu de la jungle, ça fait tourner la tête et entraîne des modifications des états de conscience.

Suite à cela, un autre chaman du village a proposé de m’initier. Il m’a enseigné la communication avec certaines plantes. Il affirmait qu’elles pouvaient nous parler. J’ai donc fait des retraites dans la forêt.

Au bout de quatre mois j’ai eu envie de rentrer en France. Cela faisait un an que j’étais parti. J’avais surtout envie d’apprendre.  En voyage j’étais tout le temps errant. J’ai appris que le mot danse vient du sanscrit « Tinjan » qui veut dire errer de ci de là. Donc j’étais peut-être en état de danse permanent, je ne savais pas alors, qu’outre l’ivresse, la danse c’est aussi pouvoir voyager, donc maîtriser un certain transport de l’être.

J’ai dansé avec les indiens et je j’ai réalisé que je voulais apprendre par le corps, mais rester un voyageur, vivre pleinement ma condition humaine, rencontrer d’autres humains et communier avec tous les êtres, voyager, dialoguer avec toutes les composantes d’un être humain et élaborer peu à peu des connaissances. Je suis alors rentré en France pour danser.

Th.D : Qu’as-tu fait une fois revenu en France ?

J’ai alors commencé à prendre des cours de jazz et de danse classique. Je me suis retrouvé à vingt ans, en collant noir et t-shirt blanc, tout raide, au milieu de jeunes filles de treize ans. Cela n’a pas du tout marché. Alors j’ai découvert la danse contemporaine et j’ai rencontré des gens qui avaient un vrai parcours. Certains avaient connu la guerre et se posaient beaucoup de questions en tant qu’être humain, ces grandes personnes ne concevaient pas de séparation entre le corps et l’esprit. A partir de la culture occidentale elles suivaient une vision du monde qui n’était pas éloignée de celle des indiens. J’ai par exemple été formé par Karin Waehner et ses successeurs dans le courant de l’expressionnisme allemand. Un jour un chorégraphe m’a accepté comme danseur et j’ai commencé un parcours d’interprète au sein d’une compagnie. Puis, en 1989, j’ai crée ma propre compagnie et réalisé une centaine de spectacles.

Depuis je n’ai pas cessé d’être danseur chorégraphe. Mais parallèlement à ça, il y a eu pour moi deux expériences fondamentales : tout d’abord, l’émergence de la parole à travers la psychanalyse. J’ai suivi une cure psychanalytique pendant huit ans. J’ai alors vraiment pu faire l’expérience de ce qu’est une parole qui émerge. La deuxième expérience est ma rencontre, il y a vingt-cinq ans, avec un maître zen. Il m’a entièrement formé à la méditation, et m’a également demandé de lui succéder. Maintenant j’enseigne le zen, dans la tradition Soto.  Cet homme, Jacques BROSSE est mort il y a trois ans maintenant. Je l’ai accompagné durant son agonie pendant trois jours. J’étais  face à quelqu’un de complètement libéré. Il abordait la mort de façon très joyeuse. Sur son lit de mort, dans son corps de quatre-vingt-dix ans, complètement défait, dans son agonie, il dansait. Et là, j’ai reçu une leçon de danse incommensurable et bouleversante. Comme  je dois lui succéder, j’enseigne en son nom le bouddhisme zen. Je suis devenu un passeur, la partie visible d’une transmission invisible. Je me sens dépossédé de moi-même, et je laisse passer. Cet évènement qui fait de moi un maillon m’a complètement replongé dans ce que j’avais reçu plus jeune : toute l’initiation avec les indiens.

Cette initiation n’avait pas été perdue. J’avais été contacté deux ou trois fois par des guérisseurs indiens qui étaient en Europe. Je ne sais pas comment, mais ils arrivaient à me trouver pour faire des sessions. Il y avait donc, de façon magique, des choses qui continuaient. Ces guérisseurs m’ont dit un jour qu’autour de cinquante ans je devrais me  rapprocher d’eux. Mon maître est mort lorsque j’avais cinquante ans. Le fait d’avoir vécu sa mort et d’être devenu un passeur m’a détaché pour l’instant de mon parcours habituel de chorégraphe. Je me suis finalement retrouvé face à la danse pour un nouveau départ. Je laisse danser à travers moi. Depuis je rencontre beaucoup d’africains qui me disent : « ta danse, c’est exactement ce qu’on fait ! » ou « je sais ce que vous faites monsieur, ce sont les danses de nos ancêtres ! ».

Je viens d’être contacté par un guérisseur colombien qui vit à Barcelone. Il veut qu’on se retrouve pour danser sous son tipi et faire des rites de guérison spirituelle. Certains me disent : « ça me soigne quand tu danses ». Mais moi, je ne comprends rien à tout ça.

Ce dont je suis certain, c’est que ces expériences fondatrices m’amènent aujourd’hui à être simplement le canal de quelque chose, à l’accepter pleinement. En trente ans de pratique, je pense que des choses se sont déposées et ont muri. Les connaissances sont intégrées et me servent de quille pour ne pas perdre pied. C’est un peu comme sur un voilier, la quille permet de rester stable, et de gîter fort s’il y a beaucoup de vent. J’ai eu de la chance, avoir connu ces gens, ces maîtres qui se sont occupés de moi et m’ont transmis des connaissances. Et je peux laisser gîter le navire. Je n’en fini pas de voir où cela peut aller. Et je n’ai qu’un désir, c’est de laisser faire. C’est tellement beau et tellement grand.

Entretien réalisé par Elsa Nadjm